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vendredi 12 septembre 2008

2008-09-12-sida.

Au fond d’un placard, j’ai retrouvé un grand carton demeuré fermé d’un précédent déménagement. Toute une tranche de vie qui redécouvre la lumière. Une couche de finition après le tri des affaires de Marc lundi dernier.

Action, le journal d’Act Up Paris, n°29, janvier 1995. “Expulsions, on achève bien les malades”. Et le temps qui passe… Action, n°113, juin 2008, “ÉtrangerEs malades : le jugement de la honte”.

“Recovering from the Loss of a Loved One to AIDS. Help for surviving Family, Friends and Lovers Who Grieve.” Je suppose que j’en ai eu besoin, ou bien qu’une bonne âme me l’a offert.

J’avais oublié que Marc avait le même médecin qu’Hervé Guibert, la fameuse “Claudette Dumouchel” (un pseudonyme pour Claudine D.) du “Protocole compassionnel”. Une femme médecin qui avait alors une seule certitude, 100 % de ses patients allaient mourir (elle ne s’occupait que de sidas déclarés). Restait à savoir dans combien de mois et de quoi, souvent de pathologies liées au cytomégalovirus à l’époque.

« J’ai pensé qu’il se pourrait que je tombe amoureux de cette jeune femme toujours mal disposée, de cette pimbêche qui n’a jamais un mot en trop ou en moins, qui ne met jamais rien de personnel dans l’examen et qui le clôt par un petit rire sarcastique que j’ai trouvé charmant, de cette râleuse aux cheveux ébouriffés gominés et aux chaussons plats de boxeur, championne de l’efficacité par la désensibilisation des rapports médecin-malade. » — Hervé Guibert, Le protocole compassionnel.

« Dernières volontés : incinéré, le plus vite possible. Aucune cérémonie religieuse, aucun rassemblement amical ni familial au moment de la crémation, aucune musique. Jeter les cendres dans la première poubelle. » — Hervé Guibert, Cytomégalovirus, le 1er octobre 1991.

Niveau activité de mes glandes, autant dire que les lacrymales fonctionnent plus que mes testicules ces temps-ci. Libido à moins zéro.

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