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jeudi 18 septembre 2008

2008-09-18-duckie.

Doux-amers, ces adieux.

C’était une soirée gaie et triste. Et je me réveille avec un canard en plastique.

Un image forte qui me restera, Aurélie qui s’en va, remontant la rue Jean-Pierre Timbaud.

Et tous ceux qu’il faut quitter pour mesurer combien leur présence était précieuse. Heureusement, il y a Internet… Il est plus facile de garder le lien aujourd’hui qu’hier.

Fin d’une époque, temps révolus.

« Monique poked you. » Oui, la célèbre Monique d’outre-Quiévrain. Voilà, « poker », c’est donner un signe de vie, procurer un sourire. « Je suis en vie. Je pense à toi. » Facebook n’est pas si inutile…

Bonsoir Laurent,

En rentrant du Paris Carnet, j’ai eu envie de t’écrire quelques mots, alors je le fais avant que l’envie passe. On ne se connaît pas vraiment, donc je vais peut-être dire des choses un peu bêtes ou inappropriées : pardon d’avance.

Ça doit faire un peu plus de deux ans que je suis ton carnet. Dans un premier temps, tu m’as intéressé. Puis, tu m’as gonflé. Puis, je suis revenu, etc. Et j’ai fini par t’apprécier à partir du moment où j’ai compris que la question n’était justement pas de t’apprécier ou d’être d’accord avec toi. Tu écris des choses. On les lit. On discute. Je continue à ne pas être d’accord avec toi sur plein de trucs, mais je te lis maintenant avec plaisir, car j’ai compris qu’il y avait en toi un vrai souci d’honnêteté.

Ce n’est pas peu dire que tu m’as ouvert l’esprit sur beaucoup de sujets, en particulier sur l’homosexualité ou la religion. Grâce à tes témoignages (même si souvent je les trouvais — et continuerai sans doute encore à les trouver — impudiques ou provocateurs), j’ai appris à me mettre à la place de quelqu’un qui ne fonctionne pas comme moi. Ce n’est pas rien.

Jusqu’à ce soir, je n’étais jamais venu au Paris Carnet, car j’avais peur de tomber dans une sorte de cour remplie de gens venant là pour toi, mais que je ne connaîtrais pas et qui ne me parleraient pas. On s’est vus à peu près 15 secondes, mais tu t’es souvenu de moi. Et j’ai passé de très bons moments avec des personnes intéressantes. J’ai donc passé une bonne soirée, et je crois avoir saisi l’essentiel de cet évènement : mettre les gens en relation.

Donc, voilà, je voulais simplement te remercier pour trois choses :
— t’efforcer d’être simplement toi-même, et montrer que c’est possible,
— m’avoir fait grandir,
— avoir contribué à fédérer cette communauté, amenée à jouer un rôle de plus en plus important dans notre société.

Je te souhaite tout le bonheur que tu mérites dans ta nouvelle vie. Cordialement, Y.

Il y a des courriers comme celui-ci auxquels on ne sait pas trop quoi répondre.

On voudrait dire juste « Merci. Ça m’a touché. » Mais il y a la peur que cela soit trop court, trop sec, indigent. Alors, pas de réponse. Enfin si, publique : « Merci. Ça m’a touché. »

Et puis je ne sais pas si l’on peut être vraiment honnête sans être impudique et provocateur. Je ne sais pas. Je me dis que ça ne me ressemblerait pas de faire différemment. C’est ma sincérité.

“navire”, carnets web | © 2008 laurent gloaguen.