Carnet intime

Le cul dans la tête [lundi 22 décembre 2008]

J’ai le cul cérébral.

Vous rêvez d’être pris comme une chienne, à quatre pattes au milieu du salon, l’idée vous excite.

Vous passez à l’acte. Mais voilà… vous découvrez que la moquette vous brûle les genoux, que la position est inconfortable à la longue, votre attention est détournée par la découverte d’une tâche ignorée et de vous rappeler que vos derniers essais de shampooing à moquette n’étaient pas très satisfaisants. Ah, ciel, vue imprenable sur les moutons sous le buffet ! On vous laboure le cul, et votre esprit n’arrive pas à se concentrer à la seule sensation. Il divague, erre…

Et toujours ce fossé entre le rêve et la réalité. Cette difficulté à l’abandon.

J’ai beaucoup de fantasmes sexuels, souvent dans la catégorie “hard”. La plupart des tentatives de concrétisation furent bien en deçà de l’imaginaire quand elles ne sombrèrent pas dans le fiasco total.

Pourtant, je suis un garçon de scénarios et de jeux. J’apprécie la mise en scène. Mais la magie est rarement au rendez-vous du réel. Parfois quand même (et ces instants sont mémorables).

De même façon, les phases d’approche me stimulent, m’électrisent. L’idée que… J’aime à les faire durer. Le chat et la souris. Le chassé chasseur et vice versa. Le passage à l’acte, quand il se produit, me déçoit souvent.

Le possible m’anime plus que la certitude.

À croire que les idées m’allument et les corps m’éteignent. J’ai le cul dans la tête.

“navire”, carnets web | © 2008 laurent gloaguen.