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mercredi 3 décembre 2008

Une amie m’écrit que les rendez-vous Paris Carnet sans moi ne sont déjà plus ce qu’ils étaient, qu’il y a « un élan qui semble ne plus y être ». Elle conclue par « Je crois que tout bêtement, tu nous manques, tu sais. »

Il est bien sûr touchant de savoir que l’on manque à quelqu’un, mais je vois bien d’autres explications à ce sentiment de déclin et déshérence. Il est sans doute le fait d’une mauvaise édition, ce qui serait loin d’être une première. Quelques fois, sans que l’on sache très bien pourquoi, la mayonnaise ne monte pas, les ingrédients sont pourtant là, mais refusent de se mélanger et de participer à l’alchimie d’une soirée que l’on jugera réussie. Cela peut être aussi une affaire de perception individuelle déconnectée de la réalité globale.

Il est également possible que cela tienne de la fin d’un cycle, et j’étais encore là pour en ressentir les prémices. Si tel est bien le cas, il n’y a pas à se lamenter, les choses ont une fin ou se transforment, il s’agit plutôt de garder les bons souvenirs et d’œuvrer à de nouvelles choses. L’idée correspondait à une époque, à une communauté… Peut-être n’est-elle plus « en phase ».

Même si je participais à faire du « liant », je ne pense pas que mon absence soit en cause. C’est trop me prêter.

D’ici, Paris me paraît si loin.

“navire”, carnets web | © 2008 laurent gloaguen.