21 septembre 2015 / 15 h 53 / Dérapages en série au Bloc

Publicité officielle du Bloc québécois.

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Ce dimanche soir, le candidat du Bloc québécois dans la circonscription Montcalm, Jacques Tremblay, a pris la décision de se retirer après le tollé suscité par son soutien à Marine Le Pen et au Front national, exprimé avec chaleur sur Facebook : “Digne d’un chef d’État, davantage qu’Hollande ou Sarko ! Vivement le FN et vive la France patriote.”

Défense officielle du Parti : “Le candidat n’a jamais voulu cautionner de quelque façon que ce soit le FN. Il n’avait pas conscience de ce que ça représentait”. Pardonnez-moi cette familiarité anglo-saxonne, mais, en l’occurrence, je me permets un LOL puissant. — J’ai déjà tant peine à imaginer qu’un candidat sérieux aux élections fédérales puisse ne pas avoir connaissance de ce que représente le Front national en France, qu’il m’est probablement inutile de noter que le message de M. Tremblay était dénué de toute ambiguïté. Depuis, Gilles Duceppe a corrigé le tir lors d’une conférence de presse à Longueuil : “Je pense que ce sont des propos inacceptables. (…) Il n’y a aucune communion d’idées entre le Front national et le Bloc québécois.”

La veille, la candidate du Bloc québécois dans la circonscription Ville-Marie/Le Sud-Ouest/Île des Sœurs, Chantal Saint-Onge, s’excusait d’avoir écrit sur Facebook être de “de tout cœur” avec le groupuscule islamophobe PEGIDA Québec.

Défense officielle du Parti : “C’est une erreur de bonne foi. C’est une méconnaissance des réseaux sociaux”, par la voix de Mathieu Saint-Amand, attaché de presse de Gilles Duceppe. La dame a ajouté qu’elle présentait ses excuses, elle ne savait pas ce qu’était PEGIDA. Nous lui laisserons le bénéfice du doute et l’encourageons vivement à apprendre le maniement d’outils gratuits comme Google Search et Wikipédia.

Ces deux épisodes en une seule fin de semaine sont désastreux pour l’image du Bloc québécois, car, comme partout, la xénophobie est le revers fatidique du nationalisme. Un parti qui de bonne foi défend des thèses nationalistes positives et constructives se doit d’être absolument irréprochable sur ce plan ; c’est pourquoi la publicité qui démarre ce billet me paraît être des plus mal avisées, donnant inutilement des armes aux adversaires. Si l’exploitation pétrolière est un sujet politique important, autant en termes économiques qu’environnementaux, le niqab présenté comme enjeu national de même portée procède à mes yeux du plus bas niveau de la politicaillerie, d’un nationalisme négatif et identitaire. Nous mettrons cela sur le dos de la maladresse teintée d’incompétence, plutôt qu’y voir un appel du pied délibéré à une certaine frange (pour ne pas dire fange) de l’électorat.

Ces derniers mois, on ne compte plus les candidats qui ont connu des embarras avec leur présence sur les réseaux sociaux… De la candidate libérale dans une circonscription de la Colombie-Britannique, Joy Davies, à qui on a reproché, entre autres, de lier consommation de cannabis et diminution de la violence domestique, à la charmante candidate bloquiste VirJiny [sic] Provost à qui on a fait un procès pour pas grand-chose, la machine médiatique n’a pas manqué de matière première.

Mon bon conseil à deux cennes d’expert en communication sur les Interwebs : si tu t’engages en campagne électorale, ferme tes comptes personnels sur Facebook et Twitter (car l’activité favorite des journalistes et opposants politiques consiste maintenant à les surveiller et disséquer, y compris les messages anciens), et ouvre de nouvelles pages officielles dont le contenu sera alimenté exclusivement par des pros, ou, au minimum, relu par plusieurs paires d’yeux avant publication.

  • 1. Le 22 septembre 2015,
    blah

    Superbe défense, tout de même : “désolé je ne savais absolument pas de quoi je parlais, d’ailleurs moi les partis et groupuscules politiques je les confonds tous un peu, au fait j’ai reçu un message d’un groupe appelé Aube Dorée, je connais pas mais ils ont l’air sympa”

blah ?

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