/ Drague assistée par l’IA
Signe des temps…
Dans cet article de The Verge, nous découvrons Joseph, un startupeur de 21 ans à San Francisco. Joseph n’a pas le temps de draguer et il a donc automatisé sa vie amoureuse. Il a confié la gestion de son profil sur Hinge à un agent virtuel. Et comme il n’a vraiment pas le temps et qu’il est un peu cheap, il a confié la gestion de cet agent IA à un humain basé aux Philippines.
L’agent a été paramétré pour imiter sa façon de parler et d’agir. En analysant chaque profil, l’agent virtuel envoie des messages sur mesure pour engager la conversation. Après quelques échanges, il détermine la compatibilité de la femme avec Joseph et, le cas échéant, réserve des créneaux dans son agenda pour des rencontres en personne.
“Ça a été un franc succès. Je conclus en moyenne deux rendez-vous par semaine”, explique-t-il. Les filles ne savent rien du mode opératoire. Ce procédé lui a permis de réduire ce qu’il appelle son CPR, ou “coût par rencontre”.
Dans le même article, nous croisons aussi Bryan, qui travaille dans une entreprise d’IA, et qui pense que faire plus de sport et soigner son apparence augmentent ses chances de trouver l’âme sœur, et qu’être riche est “toujours un atout”. Il n’a sans doute pas tort.
En effet, nous apprenons qu’avec les introductions en bourse d’Anthropic et d’OpenAI prévues l’année prochaine, des “gold diggers” de tout le pays affluent à San Francisco dans l’espoir de rencontrer un ingénieur en IA, dont le salaire peut atteindre les 300 000 USD.
Je me demande si nous ne devrions pas avoir un peu d’empathie pour nos amis les tech bros. Car ce n’est pas toujours facile pour eux, surtout s’ils ne veulent pas se faire prendre dans le filet des filles intéressées seulement par leur compte en banque. La Californie regorge de filles belles et intelligentes, mais qui sont Woke 3.0, qui détestent l’IA et les centres de données, qui haïssent les apprentis Musk de ce monde, et qui leur sont totalement inaccessibles.
Je me souviens du cas de ce dénommé Gary dans un article de Wired en septembre dernier, un gars de 23 ans qui travaille à Manhattan.
Croisé dans un bar, il expliquait à une fille qu’il venait de rencontrer pourquoi il avait accepté un poste d’ingénieur chez Palantir, l’entreprise controversée fondée par Alex Karp et Peter Thiel : il avait vraiment besoin de ce salaire de 250 000 USD pour venir en aide à ses parents accablés par des frais médicaux croissants.
La fille n’a pas été convaincue. Pour elle, rien ne peut justifier de travailler pour Palantir. Gary n’a pas été étonné de la réaction de sa conquête potentielle. Ce n’était pas la première fois que cela lui arrivait, qu’on lui demandait comment il pouvait se regarder dans la glace le matin. “Parfois, les gens s’arrêtent tout simplement de me parler”, se plaignait-il.
Des amis lui ont conseillé de ne plus mentionner le nom de son employeur lors de ses sorties, afin de maximiser ses chances de conclure. Gary en est réduit à dire de façon vague qu’il travaille dans l’IA. “Mais même ça, ça me vaut parfois des réactions assez désagréables”.
Son profil Hinge ne mentionne plus son employeur. Et il lui arrive d’inventer des histoires de toutes pièces pour justifier son emploi chez Palantir, comme celle des dépenses médicales de ses parents, qui sont dans les faits en pleine forme et n’ont aucune dette liée à leurs frais de santé.
Nous vivons une époque formidable.
(Ce billet a été écrit sans recours à l’IA. Il est “100% humain” selon Pangram 4.1.)