/ Malade imaginaire

« Mais dans Le Malade imaginaire, on est au-delà des combats. Il y a autre chose. Comme si la pièce avait un pied ici, et un pied déjà autre part. En la relisant avec l’intention de la rejouer, vingt ans après, elle m’a paru, bizarrement, d’une simplicité presque infantile. C’est inouï de faire une comédie juste sur cette histoire de mariage et de médecins. Mais on est obligé de laisser cette simplicité agir. Il y a une bouffonnerie, mais c’est une bouffonnerie grave, magique, mystérieuse. On dit que la vieillesse se rapproche de l’enfance. La vie se simplifie, se désencombre, tous les jours elle vous démunit, et les progrès de la médecine n’enlèvent rien à la mort. Le corps s’use et rend l’âme à son créateur. Comment la vie fait-elle pour obtenir d’un être vivant qu’il accepte de mourir sans trop regimber ? Il y a cette usure qui fait que l’idée de se reposer définitivement n’est plus si effrayante. Ou, quand tout vous quitte, cette espèce de légèreté, cet infantilisme troublant du Malade imaginaire. » — Michel Bouquet, dans Le Figaro du 27 août.
Michel Bouquet a 82 ans. Enfantin, matois, inspiré, comédien. À son âge, la scène XVIII prend une autre intensité dramatique. Comme il joue bien la mort, va-t-il se réveiller ?
J’ai peu vu un public la larme à l’œil après une pièce de Molière. L’effet monstre sacré, le dernier comme disent certains. Chaque tombé de rideau sonne comme un dernier adieu.
Pièce montée à l’économie des ballets, et sans goût.