/ Cnaemidophorus rhododactyla
J’aime les roses. Particulièrement les variétés anciennes et les pseudo-anciennes (rosiers anglais).
Ayant la chance d’avoir un petit jardin (environ 70 m2 en pleine métropole, à 100 mètres du métro — je précise cela juste pour faire des jaloux à Paris ou ailleurs), j’y ai planté quelques rosiers (une petite vingtaine).
Depuis quelques années, mes rosiers, enfin certains plus que d’autres, sont attaqués à la fin mai par de petites chenilles vertes (environ 15 mm de long). Ces chenilles voraces ont un comportement inhabituel : elles ne s’attaquent pas au feuillage, mais exclusivement aux boutons, perçant de gros trous à la base, de telle façon que soit le bouton meurt, soit la rose qui se développe par la suite est difforme.
J’ai essayé des traitements à la terre de diatomée, sans grand succès. J’ai remercié les moineaux de venir parfois en manger quelques unes (et de divertir mes chats). Mais malgré la prédation naturelle, les dégâts restent considérables, et plus particulièrement sur un rosier canadien de la série Explorateur, un ‘Martin Frobisher’ (un cultivar de 1968 issu d’une pollinisation libre du rugosa arbustif ‘Schneezwerg’) que j’apprécie beaucoup.
Après de longues recherches, je pensais avoir enfin identifié un coupable : Cnaemidophorus rhododactyla. J’avais trouvé cette piste grâce à ce billet de blogue datant de 2016, écrit par une jardinière de la région de Toronto. Les photos de la petite peste et des dégâts infligés étaient en tout point semblables à ce que j’avais sous les yeux au jardin.
Wikipédia m’a appris que le ptérophore rhododactyle ou ptérophore de l’églantier, est une espèce de lépidoptères (papillons), de la famille des pterophoridae, de la sous-famille des pterophorinae. Si les pterophoridae sont des papillons, je découvre qu’ils sont tous laids, comme sortis de l’imagination de Tim Burton. La page Wikipédia de mon indésirable est des plus succinctes et on y apprend peu de choses.
La bestiole ne semble pas si fréquente, même si on la trouve dans tout l’hémisphère nord, et la littérature à son sujet est faible. Sur Google Scholar, on en parle en Turquie comme une menace pour les producteurs d’essence de rose dans la province d’Isparta, on évoque son apparition en Inde dans l’Odisha, mais aussi en Pologne, au Japon, etc.
Je n’étais toutefois pas pleinement sûr de mon identification (à moins d’être entomologiste, différencier une petite chenille verte d’une autre n’est pas chose évidente).
Jusqu’à hier. Rentrant d’une ride en vélo, que ne vois-je pas sur la porte de la ruelle ? Un parfait spécimen adulte de ptérophore rhododactyle ! Comme je m’en souvenais de la photo trouvée sur cette page.
J’aurai dû l’éliminer, je ne l’ai pas fait. (J’ai vraiment des difficultés à tuer le moindre être vivant.)